l’IAS 36 : Dépréciation des actifs
La norme IAS 36 a pour objectif de fournir aux entreprises un cadre comptable leur permettant de s’assurer que leurs actifs sont comptabilisés pour une valeur n’excédant pas le montant qui sera recouvré directement par une éventuelle cession ou indirectement par leur utilisation. Cette norme ne traite pas de l’amortissement qui est couvert par les normes spécifiques sur les actifs corporels (IAS 16) et sur les actifs incorporels (IAS 38) mais de la dépréciation des actifs relatifs à une éventuelle perte de valeur. L’accroissement de la valeur des actifs, leur réévaluation, est traité par la norme IAS 16.
CHAMP D’APPLICATION
La norme IAS 36 prescrit la comptabilisation et les informations à fournir pour la dépréciation (impairment) de tous les actifs corporels et incorporels appelés à être détenus sur le long terme (y compris le goodwill et les participations dans les filiales, dans les entreprises associées et dans les coentreprises). Elle ne couvre pas
La dépréciation des stocks (IAS 02),
Des actifs d’impôts différés (IAS 12),
Des actifs financiers (IAS 39),
Des actifs résultant de contrat de construction (IAS
11),
Des actifs résultant d’avantages au personnel (IAS
19).
GÉNÉRALITÉS
La norme IAS 36 exige que soit estimée la valeur recouvrable d'un actif s'il existe un quelconque indice montrant qu'un actif a pu perdre de la valeur, et que soit constatée une perte de valeur lorsque la valeur comptable d'un actif excède sa valeur recouvrable.
La perte de valeur doit être constatée dans le compte de résultat pour les actifs comptabilisés au coût historique et traitée comme une réévaluation négative pour les actifs comptabilisés à leur montant réévalué.
La valeur recouvrable est la valeur la plus élevée entre le prix de vente net de l'actif (montant qui peut être obtenu de la vente d'un actif lors d'une opération conclue dans les conditions de concurrence normale entre des parties bien informées et consentantes) et sa valeur d'utilité (valeur actualisée ou non des flux de trésorerie futurs estimatifs attendus de l'utilisation continue d'un actif et de sa sortie à la fin de sa durée d'utilité).
DÉPRÉCIATION DES ACTIFS -IMPAIRMENT OF ASSETS
Selon la norme IAS 36, si vous avez fait l’acquisition d’une machine-outil pour 150 000 DA dont la durée d’utilisation est de 10 ans sans valeur de revente (Selon l’IAS 16, s’il existait une valeur de revente la base amortissable serait de (150 000 - Valeur nette de céssion ou valeur résiduelle), vous comptabilisez chaque année 15 000 UM au titre des amortissements. Actuellement, à la fin de la 5e période d'utilisation, la valeur nette comptable de la machine est de 75 000 UM ,(150 000- (150 000/10 ans) x 5)= 75 000 VNC fin N=5
Durant cette année vous constatez qu’une nouvelle machine est apparue sur le marché et que ses capacités productives sont supérieures à celle que vous possédez et ses coûts d’utilisation moindres. Dans ces conditions, votre machine a perdu de sa valeur et il est alors impossible de maintenir 75 000 UM comme valeur à l’actif. Selon la norme IAS 36, il faudra constater une dépréciation pour aligner la valeur nette comptable sur la valeur recouvrable dès lors que cette dernière est inférieure à la valeur nette comptable.
Avant dépréciation, le bilan relatif à l’exemple précédent se présente de la façon suivante
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Valeur historique |
Amortissements |
Dépréciations |
VNC |
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Machine |
150 000 |
75 000 |
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75 000 |
L’existence d’indice de dépréciation conduit à déterminer une valeur recouvrable de 15 000 UM .
La dépréciation de cette machine sera de 75000 – 15000 = 60000 UM .
Après dépréciation, le bilan se présente de la façon suivante :
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Valeur historique |
Amortissements |
Dépréciations |
VNC apres depréciation |
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Machine |
150 000 |
75 000 |
60 000 |
15 000 |
Relativement à notre exemple, il nous a fallu rechercher la valeur recouvrable pour éventuellement constater une perte au travers d’une dépréciation car il existait des indices de dépréciation de l’actif.
L’application de la norme IAS 36 nécessite donc de rechercher les indices attestant de la dépréciation de l’actif pour ensuite déterminer une valeur recouvrable.
Les indices de dépréciation des actifs
La norme IAS 36 indique que la détermination d’une dépréciation ne doit avoir lieu que s’il existe des indices de dépréciation. Il existe deux catégories d’indices :
Ø les indices internes et
Ø les indices externes.
Les indices internes sont des signes d’obsolescence ou de dégradation des performances de l’actif, de dommages subis ou de modifications dans la poursuite d’activité (restructuration ou arrêt d’activité). Il s’agit de toutes les informations internes qui donnent à penser que les performances de l’actif seront moindres dans le futur.
Les indices externes sont principalement une rupture technologique, la baisse du niveau d’activité, la baisse du prix des produits, la dégradation des perspectives de l’activité future, l’évolution des taux d’intérêt. Il s’agit des facteurs externes pouvant conduire à la diminution relative des performances productives de l’actif suite à l’apparition d’un
nouvel actif sur le marché ou à la baisse de rentabilité financière du fait de la dégradation des conditions économiques.
La valeur recouvrable doit être déterminée dès qu’il existe un indice interne ou externe de dépréciation.
Quelle règle pour déterminer une éventuelle dépréciation d’actif ?
Une immobilisation est dépréciée lorsque sa valeur nette comptable (carrying amount) est inférieure à la valeur recouvrable (recoverable amount).
La valeur recouvrable est la plus élevée des deux valeurs entre la valeur d’usage (value in use) et la valeur nette de cession (net selling price).
La valeur nette comptable est la valeur figurant au bilan de la société. Il s’agit de la valeur historique (historical cost) ou réévaluée (revaluated amount) déduction faite des amortissements (accumulated depreciation ou amortization pour les immobilisations incorporelles) ou des éventuelles dépréciations (impairment losses) pratiquées antérieurement.
La valeur d’usage est calculée à partir de l’actualisation des cash-flows générés par une utilisation continue de l’immobilisation auxquels l’éventuelle valeur de cession du bien pourra être ajoutée.
La valeur de cession est la valeur retirée actuellement de la vente de l’actif entre des parties informées, déduction faites des coûts de cession.
En pratique, il est plus aisé de connaître la valeur de cession du bien que sa valeur d’usage.
C’est pourquoi, nous pouvons formaliser la démarche en 6 étapes (3) :
1.
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test de dépréciation : y-a-t-il des indices de dépréciation qui laissent penser que la
valeur recouvrable peut être inférieure à la valeur nette comptable ?
2. Si oui, recherche de la valeur de cession.
3. Si la valeur de cession est supérieure à la valeur nette comptable : rien à faire.
4. Si la valeur de cession n’existe pas ou si la valeur de cession est inférieure à la valeur nette comptable, il faut calculer la valeur d’usage.
5. Si la valeur d’usage est supérieure à la valeur nette comptable, alors rien à faire.
6. Si la valeur d’usage est inférieure à la valeur nette comptable, il faut déprécier l’actif de façon à ramener la valeur nette comptable à la plus grande des deux valeurs entre la valeur de cession et la valeur d’usage
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